mercredi 14 juillet 2010

Mercredi 14 Juillet - Berlin

Sigur Rós en pleine « Landseite » Allemande.

Les nuits chaotiques à bord de bus polonais
Ne sont pas des légendes.
Les réveils joyeux à l’instant où les yeux se ferment.
Quand le sommeil se fait paraître profond.
Les Belges, Les Allemands.
Thanks for this. Danke fûr diese
N’ayez peur, n’ayez peur.
Tu baisses les yeux, ne les ferme surtout pas,
Et tends ton passeport.

L’air d’autoroute allemande à 4 heures du matin.
Sigur Rós toujours.
Le soleil se lève sur une envie de prier.
L’instant surréaliste touche au sublime.
La froideur de l’arc-en-ciel nous surplombant.
Se dire un instant qu’il est un autre plus grand.
Plus fort, qu’il s’appelle Soleil.

« Die Sonne kommt und du bist hier »

Ne touchez l’intense que du bout des doigts.
Ne pas se toucher autre chose d’ailleurs,
Ça fait mal.

La campagne se révèle.
Il n’est tant de différences
Entre ici et là-bas.
Entre chez eux et chez nous.
Les mêmes prés, les mêmes arbres,
Les mêmes horizons sans fin,
Les mêmes collines bleuies par le fond.
La même odeur d’angoisse dans les petites villes.

La nuit me revient par intermittence.
Comme des éclairs parfois violent.
Des réveils fréquents,
Des arrêts au milieu de nulle part.
Une odeur de rien,
Un poste de radio hurlant Anastasia,
Quelques barres chocolatées faisant le tapin.
Pas un regard, pas un bonjour,
Une femme tient son café serré dans ses mains.
Le Soleil se lève forcément plus tôt
Et laisse paraître sur le loin des arbres
Un liséré mordoré et rosissant.

Je regarde encore ces arbres tordus
Le long des routes.
Je cherche encore ce que je viens faire ici.
Sans doute fuir le patriotisme malsain
Qui va sévir sévère en France.
Enfin,
Je trouverai bien sur place.
Je trouverai bien sur place.


Viõrar Vel Til Loftárasa - Sigur Rós
Samskeyti - Sigur Rós
Schlaf Bei Mir - Clueso

samedi 27 février 2010

Samedi 27 Février - Berlin

Oranienburger Straße.

J'apprends à cerner cette ville.
Avec ses contradictions,
Ses erreurs,
Ses doutes.

J'ai finalement retrouvé mes papiers.
Mon passport.
Ma carte est bloqué,
Bien sur l'argent n'est plus dedans.

I was upset.

Je me laisse trainer par le vent.
J'hésite et puis je rentre.

J'ai découvert une espèce de galerie sauvage.
A l'arrière d'un squat.
Du métal, des jeux pour enfants,
De la férronerie,
Des femmes sans têtes.

L'art se doit d'être subversif.
De poser question, de déranger.
L'art se doit d'être dans la rue,
Accessible.
L'art n'est pas un, il est plusieurs.
Il se doit d'être majestueux.

J'ai toujours vu ma vie comme étant au service des autres.

La magie doit être créer dans la rue.
Rendre les choses belles pour ce qu'elles sont.

Les belles choses n'ont pas de prix,
L'art n'a pas de prix,
Donc il est à tous.
Même si l'art ne peut être gratuit.

Ostalgie.

On n'efface pas son passé d'un trait.
On ne l'oublie pas,
On vit avec.
Mais ici, le passé ne vit pas.
N'accompagne pas,
Il hante.
Comme une blessure,
Comme une erreur.

Il n'enseigne rien,
Il n'est que pénitence.
Un sacerdoce de pauvres.

Il suinte de partout.
Il est irrespirable.
En marchant dans ces rues,
On vit ce passé qui n'est pas vraiment le notre.

On souffre de choses que l'on n'a connu.

Alors, pour finir,
On marche.
Sans rien dire.
En silence.

jeudi 25 février 2010

Vendredi 26 Février 2010 - Berlin

Après de longues fluctuation,
Un départ en catastrophe,
Berlin.

Enfin, Berlin.

Trajet de nuit, en voiture.
En silence.

Arrivé forcément trop tôt.
Il était 6h15 du matin.
L'hôtel fermé.
La neige commence à tomber.
Je me fous dans un café.

A 8 heures,
Une grosse femme russe,
Ne parlant que le russe,
M'ouvre.
Je découvre ma chambre dans cet hôtel-pension de mauvais goût.

Puis, Berlin.

Berlin, Berlin, Berlin.

Je me sens à la maison dans cette grande inconnue.
Je ne parle pas allemand et pourtant,
Quand les gens parlent, je les comprends,
J'en suis sur.

J'ai grandi dans cette ville.
Je la connais par coeur,
Ses rues, ses maisons, ses métros,
Je connais déjà tout ça.
Peut être dans une autre vie, mais je connais tout ça.

C'est indescriptible.
Je le sais, je connais tout ça.

J'ai perdu mes papiers, mon argent.
Je suis dépendant.
Et pourtant, je m'en fous.

Il y a dans ces choses qui hantent cette ville,
Quelque chose qui m'apaise.
Me fait du bien.
Je connais cette ville.

Alors, je veux y vivre.
Oranienburberstrasse.

Fuck, I know this town.

Je connais tout ici.
Je n'arrive même pas à en parler.


Cela allait faire un an.
Il était temps.

vendredi 24 avril 2009

Samedi 25 Avril - Paris

Le voyage est finie.
Le retour est rude.
La fatigue est toujours là,
Toujours présente.
Mais la tête déborde.

Peut-être me faudrait-il
Des vacances pour les vacances.

Avec la distance et le recul,
Je me dis que ce voyage là était nécéssaire.
Pour désacraliser un peu,
Pour démystifier,
Pour simplifier,
Un possible retour.
Sans passion, juste par plaisir.
Par repos.

Je suis donc à nouveau à Paris.
Depuis une semaine.
Une semaine,
C'est le temps qu'il prit pour venir dire "Bonsoir".
Bonsoir du bout des yeux, de loin.
Et c'est mieux, c'est juste bien.
Il a prit son étoile, l'a mise sur son cou.
Il a dansé et il a bu.
Il a dansé et il m'a vu.
Ses mots que j'ai attendu
Sont arrivé par un petit papier.
Un papier tout sobre, tout fin.
Quelques mots griffonés.
Il tente de caché une chose que je sais déjà.
VF, le V de Vaincre, que l'on vainc le 21 Juillet.
Le F qui vient de Malte, depuis 1610.
Oui, j'en sais des choses.

Comme d'habitude,
Je vais laisser ce carnet de voyage ici.
Jusqu'au prochain voyage,
Au prochain Trip.
Il faudra abandonner ses lettres.
Sauf si, bien sur, Vous en voulez encore.
Alors, promis, je continuerais, mais ailleurs.
Sachez que cela n'est fait que pour vous.
Alors, si vous n'en voulez plus.
Dites le.
Il n'y aura ni larmes, ni cris.
Peut-être un peu de peine,
Deux jolis poèmes,
Mais rien ne sera fini.


Je vous embrasse sur les yeux,
Et je vous dit à bientôt.

jeudi 16 avril 2009

Jeudi 16 Avril - San Francisco

Le silence.

A un peu plus de 24 heures du départ,
Je cherche un peu de silence, de paix intérieure.
Un peu de repos en somme.
Un endroit calme,
Des bras peut-être, pour m'apaiser.
Ce pays est terrifiant
C'est ça qui le rends fascinant.
Je sais pertinemment que je reviendrais.
Il y a ici des gens que j'aime.
Pour eux, je reviendrai.
Je rangerai la rage, la terreur et la nervosité
Que j'ai à l'égard de ce pays,
Et je reviendrais.

Pourtant, je garde une part de tendresse
Pour le patriotisme communautaire,
Pour l'apparente naïveté des gens d'ici.
Comme on regarde un adolescent faire sa révolution.
Comme on me regarde.

"Et si j'ai les Lèvres Mauves,
C'est que j'ai pas trouvé de toit
Pour aller vivre loin de chez moi"

Je n'ai pas de réponse.
Il était là, je l'ai vu,
Mais il ne m'a pas donné de réponse.
C'est énervant, excitant et insupportable.
Il se fait attendre, se fait désirer.
Mais à jouer avec le feu, on se brûle.
Alors, j'attendrai,
Ne serait-ce que pour voir
Si vous êtes toujours aussi beau.
Si vous avez toujours votre beau chapeau.

Je partirai à Malte, jusqu'en 1610.
Parcourrai la Rue Montmatre.
Juste pour vous dire, que je ne vous attends plus.

Samedi, il fera nuit.
Nous verrons bien, si vous êtes gris.

"Wicked" à vous faire aimer le Vert.
J'espère que je vous manque.

mardi 14 avril 2009

Mardi 14 Avril - San Francisco

There is some violence in the air.

Tout d'un coup, d'un coup violent,
J'ai peur.
Je ne suis pas très bien.
Alors, puisqu'il était le seul
Présent, juste là à ce moment là... :

"Mes voisins de chambre se battent, c'est violent. Cela me fait un peu peur. Je ne me sens pas très bien. Il y a des bruits de coups, de portes qui claquent, ont diraient des coups de feux. Et puis tout d'un coup, c'est un silence assourdissant, je ne suis pas très bien."

J'ai dit cela,
Je n'en suis pas plus appaisé.
Au contraire.
Comme si j'étais nu.
Comme si je n'avais plus rien.

Oui,
Ce pays me terrifie.
Il me terrifie de violence.
Ces bruits qui hantent la ville,
Qui vous renvoie violemment sur le sol,
Glaciale.
Qui vous étrangle sur le carrelage.

Ce pays me fait peur,
Mais j'ai ma Nocturne,
Mais j'ai ma Réponse.

lundi 13 avril 2009

Mardi 14 Avril - San Francisco

Sans un bruit,
Autre que les sirènes incessantes,
Je cherche doucement ce repos si précieux.
Pourtant, tout s'agite, partout
Et rien d'autre ne vient.
Je tente en vain d'entendre
Une petit Nocturne.
Mais rien ne vient.

Je suis à nouveau là-bas.
Ce là-bas si loin pour moi.
Ce là-bas que j'ai rêvé si fort.
Et surtout si longtemps
Que maintenant,
Ce là-bas n'est plus grand chose.
Ce là-bas n'est presque rien.
Tout cassé, tout froissé,
D'avoir été trop rêvé.
Ce là-bas n'existe plus car il est ici.
Ce là-bas la n'est pas.

Il me reste encore des là-bas.
J'en ai un, qui se revendique de lui même.
Et comme Schönberg aurait voulu
Qu'il fasse le premier pas,
Je voudrais qu'il sache des choses.
Des choses qu'il ne sait pas,
Des choses qu'on ne dit pas,
Des choses qu'on écrit pas sur une invitation.
Ces choses que l'on fait,
Le regard fuyant, les yeux qui se retournent,
Le soleil s'endormant et nos rêves qui s'écoulent.
Je voudrais qu'il découvre,
Les motels de merde, les rues qui s'arpentent,
Jusqu'aux heures les plus démentes,
Les yeux qu'on ne voit plus,
Que lorsque qu'on a trop bu,
Les nuits qui se démènent,
Avec les étoiles pour poèmes.
Je voudrais tant qu'il voit,
La folie de cette ville,
Les parcs pleins de couleurs,
Les sucres aux milles visions,
Les cigarettes à 10 000,
Et les garçons qui brillent
Qui ressemble à des filles.
Et les filles en blouson
Jouant comme des garçons.

Voilà,
Voilà comme je me perds ici.
A courir, à chanter.
J'ai l'impression de devenir fou.
Je ne pourrais donc jamais vivre là bas.
Cela m'est impossible.
J'y vais juste pour m'y perdre.
Juste pour ne rien faire,
Qu'avoir l'air fou.
Je lâche tout.
Ce qui se passe à San Francisco,
Cela reste à San Francisco.
Rien n'est réel,
Rien n'existe,
Tout le reste n'est que le reste.

Alors oui, je devrais me reposer,
Mais cela m'est impossible,
La meilleure des solutions serait too much,
Et surtout ne ferait qu'agrandir ma fatigue.

Levi est sorti de sa cure de Désintox'
Cela m'a fait plaisir de le voir.
Je crois que je l'embrasse aussi fort que vous.

Cela fait du bien de revoir ce petit frère.

dimanche 12 avril 2009

Dimanche 12 Avril - San Francisco

Motel de Merde !
Avec la chasse d'eau qui est monté à l'envers.

Motel Mortel et Hallucinant.
A se croire dans "Pulp Fiction"
Ou un truc dans ce gout là.

Motel de Merde, Ordi Pourri !
Je n'ai pas de musique,
J'en ai au compte-gouttes et en morse,
C'est dire.
J'ai de la fatigue partout dans le corps.
Je n'arrive plus à penser, ni à marcher.
Je ne sais plus rien faire.
Je n'ai même pas de musique.
Finalement, je le porte bien ce nom.
Dust, Poussière.

"Ashes to Ashes, Dust to Dust"

Même mes yeux ne voient plus.
Alors, je me laisse porter,
De droite à gauche.
On fait ce qu'on peut avec ses doigts,
Pour le reste, on oubliera.

Bien,
Il est bien.
C'est tout ce qu'il a à dire.
Rien d'autre, à croire qu'il n'est pas loquace.
San Francisco - Paris
Cela fait une foutu distance à nous deux.
Beau, Rêve, Soupirs et Chapeau.
Cela fait longtemps que tu es beau.
C'est drôle, le silence que j'atteins
Par moment
Dans cette ville.
J'accomplis des rêves,
Je vis par magie.
Ces moments à 200,
Dans un bus.
Tous multicolore.
San Francisco : Feel Free to be Anything.
Le normal n'est pas normal.

Je n'aurais aucun souvenirs à ramener.
Aucune photo,
Pas de cendrier,
Pas de coups de soleil,
Pas de sel sur ma peau.
J'aurais des ampoules aux pieds
Et le sentiment du devoir accompli.

A Paris, la nuit est finie.
Ici, elle commence.
Je ne sais quoi dire.
J'ai le cerveau en poussière.

Poussière, on y revient.
Et tes yeux, on y reste.

mercredi 8 avril 2009

Mercredi 8 Avril - San Francisco

Je me suis réveillé trop tard.
Je suis en retard,
Pourtant, je prends mon temps.
Je ne suis pas pressé.
Dehors, il semble faire beau.
J'apprivoise doucement la ville.

Je sens que mes doigts me démangent.
Sans doute une longue lettre.
Des rencontres se préparent de partout.

J'ai acheter le N°5 de Chanel.
Juste pour empuantir mon entourage.
Juste pour le plaisir, je pense à Paris.

J'ai des choses à faire et j'en ai rien faire.

La pièce s'écrit et se dessine.

lundi 6 avril 2009

Lundi 6 Avril - San Francisco

Motel de Rêves sur Rêve de Motel
Je suis quelque part sur Market Street.

Enfin, une chambre, un lieu, un coin fixe.
Ce n'est pas le grand luxe, c'est mieux que ça.
Ouvert sur la rue, sans aucun contrôle,
Cela a un étrange gout de liberté.
En face de la chambre, un parking,
Pleins de grosses voitures.
Des draps cloués et tachés de sang font office de rideaux.
Les voisins d'à côté ont la musique à fond et ceux du dessus baisent.
La ville bouillonne et bourdonne.
Sirène, fous, junkie et junk food.

Au détour d'une rue,
On retrouve un bar, un endroit, un coin à soi.
On croise un ami, un copain, des "one night stand"
On croise un ami,
On croise un ami,
Oui, c'est un ami,
Mais c'est un ami qui à tirer 8 000 $ à une association,
Pour de la came, du Crystal évidemment,
Donc, c'est un ami qui à les fédéraux au cul,
Un ami qui préfère nous ignorer pour pas que l'on soit assimilé à lui,
Un ami qu'on ne doit plus connaitre,
Un ami qu'on ne verra plus, qu'on a jamais vu,
Un ami qui est comme mort, pour éviter le pire.
Un ami qui n'est plus.
Cela fait mal, mais c'est ainsi,
Cela brule, mais c'est comme ça
Cela détruit, mais on ne peux plus rien,
Nous n'avons rien fait, alors plus rien ne sera fait.

Ami, Ami,
Un autre que l'on retrouve enfin,
Et surtout, un autre que l'on quitte,
Qui envoie des chansons.
Cet ami là, au personnage tout trouvé,
Insupportable, qui sait sourire, rire et ne pas pleurer.
Qui sait jouer, un rôle, un rôle violent et terrible.
D. J. and M. H.
Lui, on l'aime sans rien,
Sans armure, sans armes ni violence.

J'ai retrouvé mes cigarettes "Parliament Menthol Lights"
Mon Café Flore,
Mes Onions Ring,
Mes Chips "Sea Salt & Vinegar"
Ma solitude et mes pensées.

J'ai retrouvé un ami
Et j'en ai perdu un.

Et le reste, restera femme.

samedi 4 avril 2009

Dimanche 5 Avril - Paris

Avec une froideur non dissimulé,
Paris m'a dit "Au Revoir et Bon Voyage"

Me voici donc, à nouveau, encore une fois,
Sur le chemin du départ.
Plus court celui-là.
Juste deux semaines.
Deux semaines pour rire.
Comme une blague,
Face aux trois mois de l'Automne dernier.

Comme promis, je reprends ce foutu carnet de bord.
Carnet à angoisse publique,
Carnet à délires narcissique égo-centré,
Carnet à pleurs et à peurs.

Que vais-je foutre là-bas,
Pendant deux semaines.

Les Yeux de Fille viendra-t-il ?
Manquerais-je à Epouse F. ?

Mystère, Chewing Gum and Coca-Cola.

dimanche 30 novembre 2008

Dimanche 30 Novembre - Paris

Cela fait un peu plus de deux semaines
Que je suis rentré.
Et depuis deux semaines,
Il faut raconter, avoir une anecdote
Une histoire pour tout le monde.
Un truc à dire.

- Alors, comment s'était ?

- Nul à chier ! Pisseuse !

Les trois premiers ont eu le droit
Au récit, en image et en couleurs.
Avec le bruitage, la traduction,
Même des sous-titres.
J'y ai mis des ellipses, des métaphores.

Mais là, je fatigue, je m'ennuie.
L'envie est de raconter, de dire et de parler.
Mais je ne dis rien, raconte peu,
Toujours la même chose.
L'envie de garder certains moments secrets.
De ne les dire à personne.
Pour ne pas sembler ridicule.
Idiot.
Quand on en parle, on finit toujours par être railler
On se moque de vous.
Par ce qu'on raconte, qu'on se la raconte.

Je me raconte donc l'histoire,
De ce voyage, de ces gens rencontrés.
De ces moments vécus, unique.
La peur que j'avais, de ne pas réussir à rentrer.
De ne pas pouvoir marcher jusqu'à l'avion.
La peur, c'est ça le sentiment.
La fatigue aussi.

Mais ce pays, enfin ces gens,
Me manque. J'ai envie de les revoir.
Des ambiances aussi.
Je suis heureux d'être à Paris,
Mais depuis deux semaines,
Je ne sais plus où j'habite,
Où je suis et qui je suis.
Je suis perdu.

Je ne penses pas que je fermerais ce blog.
Je le laisserais ouvert, et peut être que j'y posterais parfois.
Je n'ai plus le besoin de me livrer sur un blog, comme avant.
Mais j'aime bien le ton ici, et peut être,
Que je le reprendrais bientôt.

Entre nous soit dit,
A bientôt...

jeudi 27 novembre 2008

Jeudi 13 Novembre - Las Vegas

Alors voici le dernier jour est fini,
Il fait nuit.
Je vais bientôt partir pour
Plus de 26 heures de voyages.
Avec des attentes dans des Aéroports.
Tout prends fin ce soir.
Cette fin que j'ai attendue et que maintenant,
Je redoute.
Comme la fin d'un acide,
Comme la fin d'un trip.

Une fois de plus, je quitte quelqu'un,
Mais c'est comme si je quittais
Des milliers de gens d'un seul coup.
Et j'en retrouverais, j'en reverrais.
Mais dans longtemps.
Je ne sais pas très bien comment je me sens.
J'ai comme deux gros trous dans les mains.

Je n'ai plus de force en moi.
Je me sens vide.
Je vais me laisser porter, trainer,
Jusqu'à Roissy - Charles de Gaule.

Je vais tenter d'avancer et de marcher.

Je vous aimes, donc,
A tout de suite...


../..

mercredi 12 novembre 2008

Mercredi 12 Novembre - Las Vegas

J'ai refermer mon gilet sur ma poitrine
Et je suis sorti fumer une cigarette.
Au fur et à mesure que le temps passait,
Je n'ai plus ressenti ce besoin d'écrire ce voyage.
L'écrire revenant à le dater, le quantifier.
Il prends fin aujourd'hui.

La nuit est passé en un éclair.
J'ai passé la soirée dans le noir,
Cloitré dans une chambre.
Cloué au lit par une migraine des plus violentes.
Qui donne envie de prendre un flingue
Et de tirer une balle dans la douleur.
A son retour, Lucy m'a emmené dans un Casino.
Pas le New York New York, pas le Ceasar Palace,
Pas un de ses Hôtels-Casino gigantesque,
Juste dans un Casino pour les "Locals"
Pour les gens qui vivent à Las Vegas.
Une espèce de petit casino.
Un Casino pas cher,
Où l'on peut manger un petit déjeuner à 2 dollars
Vers 3 heures du matin.
Puis, je suis rentré et trois minutes après, il faisait jour.
Trois minutes, alors qu'il s'est passé trois heures.

A Las Vegas, tout est toujours ouvert.
24h/24 7j/7 .
Rien ne ferme, Jamais.
On y vit pour et par plaisir.
L'alcool n'a pas d'heure comme ailleurs.
Le monde ne s'arrête pas à 2 heures du matin,
Il ne s'arrête d'ailleurs jamais.
On peut fumer partout, on peut jouer partout.
Rien n'a de limites, pas même le temps.

Le dôme de Fremont Market s'illumine comme chaque soir
Et il me fait peur

mercredi 5 novembre 2008

Vendredi 31 Octobre – Aéroport de Seattle – Tacoma

Je suis au bord de Seattle,
Sur le point de la quitter.
Mon avion a du retard, un sacré temps de retard,
Et moi, anxieux comme jamais, j’ai de l’avance,
Un sacré temps d’avance.
Je me demande pourquoi je pars,
Pourquoi je laisse encore une fois
Des gens derrière moi.
Définitivement, je ne suis pas fait pour les voyages,
Pas pour les voyages comme cela.
Le cul toujours entre deux chaises.
Ne jamais être chez soi
Mais ne jamais être un étranger.
Ne jamais quitter et ne jamais rester.
Ce n’est rien de très original,
Mais j’ai la gorge nouée.
J’ai envie de faire demi-tour,
D’hurler
« Non, ne partez pas, c’était une blague, en fait, je reste ! »
En fait, j’ai pas envie de partir.
Pas du tout.

Je serais à la maison dans 16 jours,
Autant cela me fait du bien,
Se dire qu’au bout de tout cela,
Des gens vous attendent,
Pour écouter ce que vous avez à raconter.
Pour vous regardez et rire avec vous,
De toutes ces histoires.
Autant, je préfèrerais qu’il n’y ai personne.
Que j’ai une excuse pour rester, vivre un peu ici.
Cela me torture d’abandonné Marcos.
Cela me fout les boules.
J’ai l’impression qu’il va se perdre,
Avec son cou qui ne va pas bien.
J’ai l’impression de le laisser tout seul.
Avec son blouson presque trop court,
Qui se redresse sur les poignets.
Avec son sac à dos bombé.
Avec ses grands pas, comme sur ressort.
Avec ses airs angoissés, ses sourires inquiets.

Cela me fait chier,
De laisser cette ville,
Cette ville qui m’a fait vibrer,
Trembler.
Qui m’a fait voir et sentir la pluie,
Qui m’a fait découvrir
Ce joli bout d’Amérique.
Mon rêve américain, il est là,
Dans cette ville, calme et tranquille.
Peaceful.

Mon avion est en retard,
Alors j’attends.
J’ai l’impression qu’on est la nuit,
Il n’est que 3 :48 pm.
Je me brûle la langue avec un chocolat chaud,
Et j’attends.
De toute façon, il n’y a rien à faire.
Si, espérer que j’aurais ma correspondance à Denver.
Je pars quelques jours à Palm Springs.

Ouais, aujourd’hui, j’ai les boules.
Comme on a tous les boules.
Un coup de blues juste en travers de la main.
Une acidité dans la bouche.
Le militaire assis à côté de moi
N’a pas l’air plus heureux.
Bœuf de militaire !
On se retrouve comme des cons,
A partir sans le vouloir.
A attendre, là, le cul entre deux chaises.

Je paraphrase sans doute des milliards de gens,
Mais il est une chose de quitter sa famille, sa maison,
Ses amis, son lit,
Pour un voyage comme cela.
Il en est une autre, Ô combien plus difficile :
Savoir revenir.
Cela doit bien s’apprendre avec le temps.

Mais pour l’instant,
J’ai les boules.

jeudi 23 octobre 2008

Jeudi 23 Octobre - Seattle

L'attraction invisible que j'ai ressenti
Pour le nord de la Californie,
Me semblait indéracinable.
Ce mélange de Jura, des Voges et de Provence,
Ne tiens pas longtemps face à Seattle.
Je suis et je resterais Parisien
Jusqu'au bout,
Tout du moins, je le pense.
Et qui dit Paris, dit Pluie.
C'était cela qui me manquait.
La pluie anodine et banale.
Le froid, glaciale,
L'automne, l'hiver.
Le Soleil pâle qui ne chauffe rien.
Le temps blafard qui perce les vitres.
Je me sens à Seattle comme à la maison.
La douceur odeur de froid qui rôde,
Les blousons que l'on ressert,
La douceur des maisons agréablement chauffées,
Les sourires indéssinables sous les écharpes,
Les trottoirs que l'on regarde en marchant vite.
Je n'ai maintenant plus qu'une envie,
Aller à l'Opéra pour écouter Wagner
Avec ce correspondant châtain.

Le café perle sur les lèvres,
Pour réchauffer encore un peu.
Le café est partout, tout le monde en boit.
Cette ville déborde de café,
Un vrai rêve.
Un café chaud et agréable,
Qui nous caresse
Autant que le froid agresse.
Je ne saurais expliqué
La chose qui me chatouille
Qui me berce dans cette ville.
Ce mélange de Newcasttle, Glasgow et Cologne.
Cette folie, cette pulsion,
Dans le coeur de cette ville,
Remplie de musicien, de sons, de jazz
Et puis de Rock.

Je passe ma première nuit seul,
Erick, mon hôte, est à Reno,
Une sombre histoire de naissance.
Alors, je profite de cette nuit,
Pour me laisser aller.
A découvrir un peu plus de moi.
Je me suis promener un peu.
J'ai regarder sur le grand terrain d'à côté
Une bande de jeunes jouer au football.
Les mères, assises sur le banc,
Soufflant de la fumée, ne fumant pas.
Les lumières braquées sur le stade,
Cela semblait surréaliste.
Tout droit sortie d'un film
Un film américain empreint de
Néo-réalisme italien.
C'était drôle, drôle et apaisant.

Je vais continuer à parler.
Cela est agréable.
Surtout quand on propose Chopin...

samedi 18 octobre 2008

Samedi 18 Octobre - San Francisco

J'apprends doucement à dire "au revoir"
Il est une évidence que j'aime cette ville.
J'y ai rencontré des gens fabuleux !
Des gens que j'aime.
Et autant je n'ai aucune envie de la quitter,
Autant je sais qu'à Seattle je rencontrerais
De nouvelles personnes,
Que je quitterais, encore et encore.
On se dit "au revoir".
Comme l'a dit si joliment Walter,
"We don't say 'Adieu' because is goodbye for ever"
Alors non, je n'ai pas envie de dire "adieu"
Juste au revoir et à bientôt

"Take care and I love you"

Je m'envole pour Seattle !

lundi 13 octobre 2008

Lundi 13 Octobre - San Francisco

Dans quelques heures,
Je rentrerais dans mon troisième mois
Troisième et dernier mois aux USA.
Et soudainement, tout s'accélère.
Tout passe de plus en plus vite.
Je ne vois plus rien passé.
Plus le temps de faire grand chose,
Mes jambes se coupent,
Je suis comme bloqué,
Coincé, incapable de faire quoique ce soit.
Paralysé par des peurs qui se dessinent.
L'angoisse du retour, pas de rentrer, mais du retour
De ce trajet qui s'annoncent plus que long.
D'abord prendre un premier avion
Depuis Phoenix jusqu'à Montréal.
Puis attendre 24 heures et en reprendre un autre,
Pour Zurich, et encore un autre
Une heure après, pour Paris.
Près de deux jours de voyages.
Entre coupé, pleins d'à-coups.
Deux jours, tout sauf franc.
Deux jours, que je monte et démonte
Que je construis et déconstruis
Que j'imagine et que je cauchemarde.

Je dois partir pour Seattle samedi prochain.
J'ai trouver un avion pas trop cher,
Mais une fois de plus,
Ma carte refuse de passer.
Une fois de plus je suis bloqué.
Je dois partir, je dois bouger
Pour mon bien, pour ne pas trop rester.
Je dois m'en aller.
Aller voir ailleurs.
Je dois trouver les sacs à aspirer,
Je dois trouver la poste pour envoyer des affaires,
Je dois trouver l'énergie et la force
Et c'est sans doute cela le plus dur.
Le plus complexe.
Le plus insupportable.
On remet les échéances à plus tard,
On fait attendre.
On verra...plus tard.

Dans un pays si loin, si différent,
Dans un pays dont on ne parle pas la langue aisément
Ou tout simplement dont la langue n'est pas notre langue maternelle,
Il est important d'avoir des îlots,
Des petits îlots sur lesquels partir,
Se reposer, quelques instants.
J'ai pris deux îlots avec moi :
Ma musique
Mes livres
Quelques choses que l'on fait découvrir,
Que l'on partage, que l'on prête.
Prendre le temps de les montrer,
De les faire découvrir.
Dans la voiture entre Los Angeles et Guerneville,
Eddie a attrapé mon livre.
Le Paradis d'Hervé Guibert.
Il a lu la premier page à haute voix, en français.
Puis il s'est retourné sur moi, l'air triomphant.
Il m'a tendu le livre et m'a demandé de lire le même passage
De le relire, puis de l'expliquer.
Soudainement, il était sur mon îlot, avec moi.
Il était fier.

J'ai passé un Week End de folie avec des Fous
Dans un endroit qui ressemble à la Provence,
Qui me rapelle ma Provence.
Celle où j'étais gosse.
Celle qui a été vendu.
Celle de mes souvenirs.
Le nord de la Californie est donc pleins de surprise.
Et puis on y mange du sucre qui n'est pas du sucre
Mais qui est du sucre quand même.
On y vit doucement, sans se poser de questions.
Le Week End fut rythmé par un Chef Fantasque,
Ricardo... Il chantait Shirley Bassey en faisant des gateaux.
C'est une espèce de gros type jovial.
Un type qui se pose pas trop de question,
La gueule un peu cassée.
Il a même tenté de danser comme Sinatra.
Magique, le Week End était magique.

Mon Ventre ne me fait plus mal.
Et si dans deux ou trois ans,
Ce que je veux n'est pas,
Je reviendrais ici.
Pour plus longtemps,
Oui, je reviendrais,
Comme partout.

jeudi 2 octobre 2008

Jeudi 2 Octobre - San Francisco

Les Jours ici passent si vite
Dans une folie enivrante
Tout, tout va trop vite.
L'impression que 10 ans se sont passé depuis mon arrivé ici, Samedi dernier.
Je perds sérieusement ma notion du temps.
Je ne sais ni où je suis, ni où je vais
J'ai l'impression d'être perdu
Quelques part entre deux eaux.
Le temps perds de son importance.

On n'oublie rien, on s'habitue
Disait le Grand Jacques.
Et à trop s'habituer, on finit par oublier
Sur les murs de cette ville se trouvent des mots
Des fresques et des couleurs.
Des invitations à vivre, encore un peu plus.
Et l'on vit ici,
On vit vite, trop vite.
Et l'on se brûle.
Et l'on meurs.
Encore, ce n'est rien, "on a l'habitude"
Et deux jours plus tard, tout sera oublié,
Une fois de plus, mais bon, c'est pas grave
"On a l'habitude"

Je me rappelle d'une phrase de Keith,
Proposant à Magda de l'emmener à "C'est mon choix"
Sur le thème :
"J'emmène Mamie aux Afters du Scorp"
Là on pourrait demandé à M6 de faire une émission
"Comment j'ai transformé le service VIH Sida de l'hôpital en after du Madam"
Cela marche aussi avec le service Drogues

"Tu as déjà pris du Crystal Meth ?
- Non...
- Tu viens d'où ?
- De Paris..."

"Tu es Seroneg ?
- Oui...
- Tu viens d'où ?
- De Paris..."

"Et sinon tu comptes ramener quoi en souvenir de San Francisco ? Un Sida ou une Blenno ?"

La mort est partout.
Masqué par le moindre passant.
Elle est omniprésente.
Mais on l'a cache, on ne veut plus la voir
On ne veut pas la voir, pour la plupart...
On ferme les yeux et tout va bien.
On a beau être comme à la maison,
La mort, elle est là et elle pue...


A la mémoire des Combattantes et des Combattants,
A la mémoire de celles et ceux qui ont combattu,
A la mémoire de Del Martin

mercredi 24 septembre 2008

Mercredi 24 Septembre - Guerneville/Russian River

Là où il est question de plaisir.
Là où il est question de fun.
Sur le bord de la piscine entouré d'une bande de gens siffonnés au possible,
Me voilà, dans un lieu qui n'est ni le Jura ni la Californie
Juste quelques chose entre les deux.
Le soleil et la piscine à ne savoir qu'en faire.
De l'amour, de la fête, des rires et des pleurs.
On finit à 4 heures du matin, la tête à l'envers.
Nous sommes fous, et nous le serons encore demain.
Nos vies continueront, mais nous resterons marquée par ces moments.
Ces grands moments, de vies, juste de vies.
Nous ne cherchons plus grand chose, juste à vivre.
A se marrer.
L'hôtel ne nous est pas réservé, pauvres autres...
La vie se laisse vivre et c'est si bon.

Mason, Mason, combien de temps me fallut-il pour comprendre ce prénom.
Il est l'unique, jusqu'au prochain.
Et c'est la course partout, le pauvre.
Autant de gens, juste pour l'embêter.

Alors, pour cette semaine,
Rien n'est grave, rien n'est triste.
Juste, on se laisse vivre...

Alors oui, Pauvres Autres...